La thérapie Monop’
Pour les garçons ou les adeptes des mammouths et autres waterfield, étrangers à ce gynécée moderne qu’est cette enseigne de « proximité » ; qu’est-ce que la thérapie Monop’ ? Prenez une ménagère de moins de cinquante ans (ou plus, ma mère applique cette théorie depuis le « Uniprix » des années 60’) et placez-la en milieu grand urbain : boulot, enfants, courses, surcharge lipidique, teint malboro, mec et/ou enfants relou (statistiquement, j’entends : les miens sont des modèles pour l’humanité tout entière), humidité perpétuelle, colorimétrie atmosphérique poussiéreuse. Son pas est régulièrement attiré par cette promesse, non de bonheur (on en est quand même pas là), mais de plaisir consumériste fugace, consolatoire et sans engagement créditeur à long terme : un mascara, un nouveau rouge, un pti foulard en passant, une crème « anti » (voir liste çi avant) .
Messieurs, avez-vous déjà arpenté le rayon beauté d’un Monop’ entre midi et deux, un jour de février bien pourri ? Non ? Mais enfin, elles sont toutes là ! Rien de mieux pour cueillir une gonzesse un peu fragilisée. Pour un peu que le rayon masque hydratant n’ait pas été réassorti, c’est du tout cuit.
Je vais me faire traiter de sexiste. Menfout ! Le concept de la thérapie Monop’ a son pendant masculin ; j’en connais qui rentrent en fibrillation dès qu’il rentre dans un magasin de sport ; d’autres ont une montée de testostérone à l’entrée du Leroy-Merlin. La promesse de la performance — comme celle de la beauté — est bien plus importante que son effet réel. Tiens, comme une vraie thérapie ?
La thérapie Monop’ est au shopping avenue Montaigne ce que la théorie cognitive est à l’analyse. Plus rapide et moins chère. Est-elle pour autant moins efficace ? Elle a le mérite d’éviter de passer par la case « culpabilité », ce qui n’est déjà pas si mal. Pour être parfaitement sincère ; j’en reviens… J’écris ce texte, la tête enfouie sous diverses promesses de la chimie organique moderne. La prochaine fois, je vous parle de vernis à ongles. Mon fils-le-grand m’a annoncé qu’il ne voulait pas être « un intello ». Prends ça pour ta pomme maman et parle avec des mots que tout le monde comprend. Mince, je vais encore avoir besoin de retourner au Monop’.
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Tags:chimie organique, monop'
Traïe cold Toronto !
Et pour finir la tournée dans le (grand) Nord… Toronto. J’a encore si froâ qué j’pé pas écrire ! j’vous laisse regarder les images… et j’men va finir mon bidon de mapple syrup.






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En attendant Gödel…
Nous voilà donc à Princeton, ville universitaire située à une heure de New York, pour un pèlerinage/voyage documentaire sur les traces d’un génie des mathématiques du XX° siècle, Kurt Gödel. Ce logicien méconnu du grand public a profondément influencé, voire bouleversé, la logique et la philosophie moderne.
L’IAS (Institut for advanced study) de Princeton a, dès les années 30, accueilli de nombreux exilés européens en particulier toute l’intelligentsia juive fuyant la montée du nazisme. Ces photos témoignent d’une époque où il n’était pas rare de croiser sur ses pelouses, Einstein, Von Neumann, Gödel, Pauli, Dirac, Oppenheimer, bref… une sorte d’Olympe scientifique hors du temps…
La maison de Albert Einstein


L’I.A.S
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La maison de Robert Oppenheimer


L’université de Princeton
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Frozen New York
Dans la série “mes enfants rembourseront mon empreinte carbone sur trois générations”, New York sous la neige….
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(le droit est encore en vacances)
- Eh,eh… Tu dors ?
- Mouaif…
- Faut rentrer là !
- Gnronf…
- Allez, au boulot !
- A pas fini de bronzer…
- T’as une empreinte carbone encore plus épaisse que ta cellulite, allez bouge !
- VEUX PAS Y ALLER ! PLUS JAMAIS Y ALLER !
- Qui va amener tes gosses à l’école ?
- zont qu’à rentrer à la nage !
- Ça va être les soldes…
- Rien à battre !
- Si tu retournes pas immédiatement bosser je poste la video où tu danses le merengue avec deux suisses-allemands nus.
- Traitresse !
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Allo maman bobo

Deuxième épisode de notre rubrique les mères modernes ont du temps à perdre.
À la palette numérique Emanuelle Teyras, au clavier Bontempi, Yannick Grannec. Tadam !
Oui, je sais, j’ai lachement abandonné mon blog à sa triste solitude numérique, mais voilà, à peine le temps de faire sécher le maillot de bain qu’on enfile déjà les moufles et dans deux minutes ce sera Noël… (Fuckzefuck) Donc il fait un temps de breton chagrin, les mélancolies hivernales poussent comme mycoses aux pieds des maitres nageurs : IL NOUS FAUT DE LA JOIE ! Ce matin j’ai bouffé un clown au petit déj’ (je hais les clowns) et je vous propose un examen clinique. Vu comme çà , c’est cavalier, je sais, mais c’était un clown triste ; je suis toute ballonée.
Aussi loin qu’il m’en souvienne — du moins, que le préposé à l’archivage du premier étage ne me l’autorise — je somatise. Je pratique rarement la colère, la vraie ; avec les cris, les larmes et le bris d’objets. Non, je somatise. Je possède un magnifique catalogue de maux divers ; collection qui varie avec l’âge. Enfant, j’avais mal au ventre : pourtant bonne élève ; je me tordais à terre à chaque veille d’interro. Plus tard, j’ai commencé une bonne période eczémateuse, qui a trouvé son acmé à la fin de mes études supérieures. J’avais une propension très élégante à me gratter en public. Femme mûrissante, c’est le dos qui prend : les lombaires pour le stress affectif, les cervicales pour le boulot. Je subodore l’avènement d’une période migraineuse prochaine. La migraine, bien plus chic que les colites, vous donne un excellent sujet de conversation dans les dîners et un excellent prétexte pour vous en échapper. Pourquoi vous parle-je de moi ? Ce n’est pas un pic narcissique : j’ai simplement constaté ne pas être la seule, loin de là, dans ce cas. Mon amour des mots et du langage y trouve une certaine satisfaction. La langue française est riche d’expressions qui, si on les regarde de plus près, peuvent faire de sérieuses économies en anxiolytiques (chablis, lexo, shopping) et en séances de psy. En voici quelques exemples…
• Le dos, les vertèbres : « En avoir plein le dos »
Pathologies associées : lumbagos ; contractures ; torticolis.
Message du conducteur : Arrête de porter tes enfants ; ta famille ; les soucis des autres ; l’intendance attendra ; les malheurs de la terre, etc.
• Le fondement : « En avoir plein le cul » « Ça me trou le cul » (bien que cette expression me laisse techniquement perplexe)
Pathologies associées : constipation ; collectionnite aiguë ; shopping compulsif.
Message du conducteur : Évacue ! Purge ! Laisse aller !
• L’appareil digestif : « Ça me gonfle » « Ras le bol ; la casquette ; le cul… »
Pathologies associées : colites ; ballonnements ; impossibilité de fermer son slim.
Message du conducteur : Envole-toaaa, envole-toaaaaaa !
• Podologie : « Ça me casse les pieds » :
Pathologies associées : migraine (voir podologie chinoise)
Message du conducteur : Fuie ! Tire-toi ! Prends tes jambes à ton cou ! (voir, plus haut : « vertèbres »)
• Système immunitaire et cérébral : « Je pète les plombs » « Je craque » « J’ai les boules » :
à remarquer qu’il y a deux pathologies possibles associées :
1) gonflement anormal des glandes dues à une mise en alerte du système immunitaire de type angine, bronchique et atteinte du système respiratoire supérieur.
Message du conducteur : De l’air, bordel !
et/ou (le corps est taquin)
2) gonflement anormal des parties sexuelles. Il faut lire : « Ça me gonfle les testicules » ou « ça me gonfle les ovaires »
Pathologies associées : insomnie ; alcoolémie en semaine ; boulimie ; shopping compulsif (il marche pour tout celui-là)
Message du conducteur : Trouve -toi rapidement un partenaire consentant pour partager ce fluide vital qui ne trouve pas de débouché direct et qui va finir par te rendre dingue !
Voilà. Merci de me faire parvenir en Pay-pal, 20 % des économies ainsi réalisées. De rien, tout le plaisir était pour moi.
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Tags:allo maman bobo, de l'air bordel !, plein le dos
Let’s dance, fillette
J’aime danser, mais, par-dessus tout, j’adore regarder les gens danser. On dit que les gens dansent comme ils font l’amour. Certains en font trop ; ils s’éparpillent. Bras, poignets, jambes, bassin. Ils s’emmêlent les abattis, scénarise les poignets ; ils ont besoin d’un public. D’autres restent désespérément raides. Certains tâtent l’eau, d’autres ferment les yeux. Quelques rares sont dans le flot. Ils ont fermé les yeux, font des petits pas et des petits mouvements de hanches. Seuls et bien. On aimerait être à leur place un court instant. En se posant un instant et en les observant, on peut les imaginer à dix-sept ans. Il y avait la grande folasse, la majorette de service. Aujourd’hui, elle promène son corps trop maigre sur des talons trop hauts à la recherche d’hommes pas trop ingrats. Celui-là, quarante ans, la chemise bleu pâle hors du pantalon trop bien repassé, danse comme si c’était sa dernière chance. Je le connaissais à dix-sept ans, matheux complexé qui faisait semblant d’aimer la musique trop forte, bougeant beaucoup son corps à défaut de le maîtriser. En agitant mollement son popotin, celui-là roule des pétards dans la cuisine. À dix-sept ans, ils roulaient déjà des pétards dans la cuisine. Celui près de la porte a déjà enfilé sa veste ; il attend toujours la prochaine chanson avant de s’en aller. Elle lui donnera peut-être l’envie de danser. Vingt ans qu’il attend. Ces deux-là qui bougent infinitésimalement : le buste et les bras raides, engageant un minimum d’énergie dans ce tribut social. Ce couple inconnu se frotte, mimant une copulation : indice de leur sexualité débridée ou preuve de leur incapacité à la ressentir réellement ? Beaucoup dansent par paires : les amoureux au ralenti et les copines esseulées qui cherchent dans le regard de l’autre l’approbation de leur déchaînement factice. Qui fait le mieux semblant d’aimer la fête ? Il y a comme une tristesse immanente à ce genre de rassemblement. Du moins, vu du canapé. En particulier pour ceux qui restent simples spectateurs et commentent intérieurement les danseurs. Ils prennent leurs sarcasmes ou leur ironie pour de la pénétration.
Allez, je me lève à la prochaine.
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